Marc Nader Fine Art Photography | Revues De Presse

 

 

                             

                       

 

         

 

 

Marc Nader, Un Tendre Rêveur

© L'Orient-Le Jour - Edgard Davidian | April 25, 2012

Les cheveux sont plus blancs que neige mais l’esprit, le regard et la voix sont encore étonnament jeunes. Traqueur et capteur d’images, aussi bien visuelles que sonores, Marc Nader a l’art et la créativité dans le sang.

Caméra au poing, pas alerte, regard braqueur et fouineur, non content d’offrir au public à travers des expositions de superbes photos (chez Aïda Cherfane) la chasse aux trésors de ses randonnées et pérégrinations, des beautés de la vie enfouies au quotidien, voilà qu’il revient à ses amours premières. Et ses amours premières, d’ailleurs jamais éteintes, c’est la musique.

Pour une guitare et quelques accords au clavier découverts à neuf ans, les mélodies pointent à nouveau le nez à l’âge adulte. Pour cette passion toujours vive, un CD au titre clair Back to the roots (Retour aux sources) magnifiant en tonalités feutrées et un peu mélancoliques une «Urban folk music» peut-être démodée à souhait, mais tendre et veloutée comme un cœur d’artichaut.  

Sept chansons dessinant le contour d’une agitation citadine où des divas des «rooftop» (bonjour les boîtes de nuit huppées de Beyrouth!) jouent de leur séduction à côté de gamins livrés à une rue où la misère éclôt comme une herbe folle sur la surface lisse d’un mur entre pluie et soleil... Une belle place aussi à l’amitié, la vraie, celle qui ne meurt jamais...

Auteur, compositeur et interprète, Marc Nader a aussi des complices pour les belles paroles de ses chansons dont Claude Salhani. Pour ces charmantes ritournelles en anglais, chantées avec une voix argentée et un peu blessée, au ton de troubadour moderne entre Leonard Cohen et Greame Allwright, il y a une belle atmosphère d’un poète qui dénonce en douceur la poisse de la vie, mais aussi sa flamme pour l’espoir et l’amour.

L’invitation au rêve commence déjà par cette belle pochette prise sur un mur (aujourd’hui démoli) du Café Younès où Tarek Kandil a laissé l’empreinte d’une savoureuse image certes figurative mais surréaliste et colorée, mêlant délicieux désordre et objets adroitement agencés. Comme les volutes d’un rêve entre tendresse, cafardeuse modernité et enfance.

 

'Retour Aux Sources' de Marc Nader ... En toute simplicté

© L'Agenda Culturel | March 26, 2012

Ce n’est pas un hasard si le nouvel album de Marc Nader s’intitule ‘Retour aux sources’ puisque la musique fut la première passion du photographe, qu’il nourrit fidèlement depuis l’âge de 9 ans, bien avant la photographie.

En effet, Marc Nader connu depuis plus de quarante ans dans le monde de la photographie et aussi pour son statut de professeur de photographie à l’AUB depuis près de 15 ans, revient à la musique. Il nous livre un album dont il est l’auteur, compositeur et interprète, qu’il situe dans le genre Urban Folk, secondé par les choristes Lynn El Saghir et Sara Aridi. Son instrument fétiche, la guitare acoustique, dont il se sert depuis trente ans, était également au rendez-vous.

"Pour la première fois et après une longue hésitaton due à un manque de confiance en la matière, j'ai décidé de relever le défi d'écrire mes propres textes, ce qui, finalement, s'est avéré passionnant." avoue Nader.

L'Album, qui est quand même le troisième du photographe musicien, est composé de 7 chansons, 7 mélodies simples, relatant des histoires simples sur des sujets de la vie quotidienne. Différents thèmes y sont abordés tels que l'amitié avec 'True Friendship Never Dies', l'amour ey les routes meurtrières avec 'Johnny Boy', la pauvreté, l'injustice et les enfants de la rue avec 'She Was Only 9', la vie nocturne, la vanité, le bluf, le phantasme et le libertinage avec 'Queen Of The Rooftop Nights', la communication ou plutôt la non-communcation réelle, en ces temps de globalisation exponentielle avec 'You Gotta Make Your Move'.

La pochette est illustrée par la photo d’une peinture murale adjacente au Café Younes de la rue Hamra de l’artiste Tarek Kandil, capturée par Marc avant la demolition du mur… développement immobilier oblige.

Pour Marc Nader ’’cet album représente, en quelque sorte, mon retour à la simplicité de la musique acoustique folk que j’appréciais tant lorsque je décidai de me mettre à la guitare au début des années 60, après 6 années de piano classique, et en prélude à de longues années de rock et de musique publicitaire et pop, synthés et autres gadjets électroniques’’.

 

 

Les Loco-(E)motions de Marc Nader’s

© L’Orient-Le Jour - Colette Khalaf | November 11, 2009

A travers une série de photos (giclées sur toile) accrochées à la galerie Aïda Cherfan* (centre-ville) et dont le thème porte sur les moyens de locomotion, le photographe Marc Nader fait part de son credo devenu célèbre : « Less is more. » Jusqu'au 27 novembre.

« "Loco-Motifs" n'est pas une exposition portant sur la fonction des moyens de transport, mais une illustration de leur côté graphique », commence par préciser Marc Nader. Les sons et les images ont longtemps baigné l'enfance de cet autodidacte. De mère pianiste, le jeune Nader se sent vite attiré vers la musique qu'il exercera plus tard en hobby, mais aussi vers la photo qui deviendra sa passion première.

Marc Nader se consacre ainsi depuis plus de quatre décennies à son « sport » favori : chasseur d'images - après bien sûr avoir décroché un diplôme en gestion « par obligation », dit-il. En 1983, il s'installe aux États-Unis, mais retourne au Liban en 1996 lorsqu'il se voit offrir le poste d'enseignant de photographie au département d'architecture et de design à l'Université américaine de Beyrouth.

« Less is more », mais aussi «Le mieux est l'ennemi du bien », c'est ce qui transparaît à travers cette série de giclées sur toile. Fixant le détail, le captant et l'isolant afin de le mettre en évidence, Marc Nader offre à voir des gros plans de voitures ou de pneus, de bateaux ou de coques, de trains ou de rails car, dit-il, «le détail donne plus de force à l'idée que je veux transmettre. Je supprime donc et j'élague tout ce qui est susceptible d'affaiblir le message»,  ajoute-t-il.

Ce message n'est autre que cette charge d'émotions, ce bouillonnement à la fois tactile et sensoriel qui se dégage de simples reproductions. « J'aime la matière et la texture, avoue le photographe, j'aime toucher l'inanimé auquel je donne une vie supplémentaire. » Il y a ces boulons, ces vis et cette ferraille qui semblent «sourire comme des personnages gais», dit-il encore en riant, «mais aussi cette juxtaposition cohérente de matières différentes ». Une mise en contraste entre les couleurs chaudes et froides, entre le liquide (la mer) et le solide (le bateau), ou encore entre les lignes précises et les flous vaporeux. Tout est au service de cet instant où l'objet capté s'efface devant l'image, qui deviendra à son tour elle-même objet ou sujet de l'œuvre.

Tout dans le détails ...

Curieux de tout ce qui l'entoure, Marc Nader affûte son regard et shoote. Depuis qu'il est dans le métier, l'artiste suit la même démarche. Certes, la technologie contribue à élargir les champs visuels ou à améliorer la production, «mais s'il s'agissait de refaire des photos, je ferais les mêmes. Et d'ajouter : «Il ne faut pas seulement se concentrer sur le côté technique car la photo ne serait pas alors une œuvre artistique au même rang que la peinture ou un autre art, mais simplement un travail bien élaboré. »

C'est suite à un agencement judicieux et à une composition habile que naissent les émotions chez ce photographe soucieux du moindre détail et de la lumière : « Je suis un fanatique de la composition, et la dynamique de certaines matières par rapport à d'autres m'intrigue et me séduit. J'essaye également de passer d'un élément à un autre sans créer des lieux creux. À condition qu'ils soient fonctionnels et utiles, et qu'ils créent des points de fuite intéressants. »

Simples et épurées, ses œuvres photographiques racontent de belles histoires. En couleurs ou en noir et blanc. Qu'importe ! La vie n'est-elle pas tantôt colorée, tantôt monochrome ? Ces clichés parlent de voyages, d'exil, mais aussi de liberté et de soif de grands espaces. Il y a dans chaque photo quelques points de suspension qui permettent au regard de voyager à l'intérieur de la toile et d'entrouvrir des horizons lointains. «Ce sont des idées toutes simples, explique Nader, qui ne tiennent certes pas à chambouler le monde, mais à le montrer sous un autre regard. »

«Ce ne sont pas les milliers de photos jetées que je regrette, mais celles que je n'ai pu capter, avoue-t-il, car je n'avais pas mon appareil sur moi. Ces images sont pourtant enregistrées dans ma tête. » Tout en disant cela, on croirait passer dans ses yeux un éclair furtif. Comme un flash d'un plaisir demeuré intact.

 

 

Future TV | Beirut

 

Al Aan TV | Dubai

   

Lifestyle Magazine

© Lifestyle ME - Richard Labaki | Decembre, 2008 (Traduit de l'Anglais)

Se définissant comme un obsédé de beauté, Marc Nader considère qu'une photo véritable se doit d'être une invitation au spectateur à voyager au confins de ses dimensions - à la découvrir tous les jours un peu plus. Une vraie photo doit être tout simplement le portail d'un autre monde. On doit l'admirer et la contempler avec le même émerveillement qu'on éprouve devant un chef-d'oeuvre artistique.

Nader pense que nombreux sont ceux qui passent devant certains objets et lieux sans jamais remarquer la beauté qui se trouve là, sous leurs yeux. C'est pour cela qu'à observer les photographies de Nader, on est surpris de voir que les choses les plus anodines de la vie puissent paraître aussi belles, à vous couper le souffle. 

En fait, la beauté est omniprésente pour peu que l'on sache où la chercher et comment l'isoler de son environnement parfois très laid. L'objectif principal de Nader est de faire en sorte que les autres éprouvent les mêmes émotions que celles qu'il éprouve lui-même lorsqu'il est en train de prendre une photo donnée. Pour lui, la composition picturale procède de la même approche que la composition musicale.

Le fait d'avoir grandi dans un environnement plutôt artistique (sa mère était musicienne classique et peintre) a peut-être influencé son regard sur la vie et l'a sensibilisé à la beauté qui l'entoure. Aussi, bien que diplomé de l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris, Nader a décidé dès le départ de faire carrière dans la photographie puis a développé cette passion par la visite d'expositions, la lecture de publications spécialisés, et l'expérimentation sur le tas. C'est en 1966 qu'a démarré son parcours photographique, lorsqu'il s'est acheté sa première camera. Cinq ans plus tard Nader devenait photographe professionnel.

 Quoi de plus simple que l'image dúne barque flottant sur l'eau ! Le soleil  envoie ses rayons dans la bonne direction, la lumière qui enveloppe l'embarcation est merveilleuse , le contraste des couleurs  captivant, et la scène qui change sans arrêt. En fait Nader a passé 10 minutes, complètement absorbé par ce qu'il voyait. Il a préparé son matériel et a attendu le bon moment pour déclencher. Cette photo représente la simplicité et la tranquilté et invite le spectateur à se laisser aller dans les dédales de sa composition. Nader ne se lasse jamais de contempler cette image qui pense-t-il ressemble à une peinture. Pour lui, cette image est  pure poésie.

 

 

Marc Nader, Ses Images, Ses Musiques

 © L'Orient-Le Jour - Zéna Zalzal | Août 2007

"Je parle français, anglais, arabe, musique et image », lance, dans une boutade, Marc Nader en guise de présentation. Un « multilinguisme artistique » que cet homme, que l’on devine « communicateur-né », utilise comme autant de moyens d’expressions et de vecteurs d’émotions le reliant aux autres."

Photographe depuis près de 4 décenies, compositeur depuis presque autant de temps et chanteur à l'occasion, (Il a enregistré, il y a deux ans, un CD de "Soft Rock"), Marc Nader aime traquer et transmettre l'émotion esthétique. Laquelle peut aussi bien émerger d'un alignement de chaises longues à la plage, que d'un beau visage, d'un paysage intéressant, ou de quelques notes de musique harmonieusement accompagnées de paroles adaptées.

"Pour faire de la photo, il faut être disposé à regarder différement", dit-il. Pour Marc Nader, c'est l'oeil du photographe qui isole les éléments d'un tout, qui en fait ressortir un détail, qui cisèle un cadre de prise de vue ... qui, en résumé, construit l'image avant même d'appuyer sur le déclencheur. Le reste est juste une question de technique.

En homme de son époque, il privilégie depuis un moment déjà la photo digitale et ses multiples possibilités de manipulations, même si de temps en temps « l’envie de prendre un appareil et d’y mettre un film » le ramène vers la bonne vieille caméra argentique. Elle donne des images plus chaleureuses, plus tactiles presque, dans le rendu des tonalités et des nuances, que celle du numérique, plus parfaites peut-être, mais plus froides.

Less is more

Son credo: "Less is more". Minimalisme et rigueur dans la composition. "Je suis un fana de la composition. Laquelle doit être équilibrée et dénuée de tout élément superflu", soutient-il. Mais aussi simplicité dans le langage, pour que la photo soit parlante, qu’elle provoque « une émotion universelle », même si chacun la perçoit à sa façon.

Ces deux exigences posées, tout le reste devient complémentaire, additionnel et adaptable en fonction des modalités et de ce à quoi est destinée l’image prise. Le choix de la couleur ou du noir et blanc par exemple, ce jeu de lumière et d’ombre que Marc Nader apprécie particulièrement.

Totalement autodidacte, cet artiste de la caméra affirme n'avoir jamais pris un cours de photo. Sauf qu'il a baigné depus sa tendre enfance dans un univers d'mages et de sons. Sa mère était pianiste et peintre. Ce qui le conduit à prendre naturellement, dès l'âge de 7 ans des cours de piano. Qu'il délaissera à l'adolescence pour la guitare. L'époque est "Rock and Roll" et Marc va successivement former plusieurs groupes de rock.

« Le premier, c’était au collège de Jamhour, avec notamment Gabriel Yared, se souvient-il. Le second, on l’avait baptisé The Vultures (Les vautours), ce qui collait parfaitement à l’esprit des années soixante. J’y jouais de la basse. Ça a duré ainsi quelques années, avant que je ne parte faire mes études en France, où j’ai continué la musique en dilettante. » Sauf qu’en France, il va véritablement découvrir l’univers de la photo. « En faisant des portraits d’amis, de copines, leurs books de mannequins... », il se prend au jeu et se lance comme photographe de mode et de publicité, à peine ses études « sérieuses » à l’École supérieure de commerce de Paris (ESCP Europe) bouclées.

L'Avant-Garde de la manipulation

Début soixante-dix, il rentre au Liban où – consécration ! – il signe en 1973 la couverture du catalogue du Festival de Baalbeck. « C’était une photo en perspective, prise de très bas, des marches du temple de Jupiter, et traitée de façon négative, c’est-à-dire avec des couleurs et des valeurs inversées. Ce qui représentait à l’époque l’avant-garde de la manipulation », se rappelle-t-il.

À partir de là, sa carrière de photographe artistique est vraiment lancée au Liban. Et parallèlement, il va évoluer dans le monde de la publicité où, au bout de quelques années, son expérience musicale va l’amener à composer également des jingles. Dont une musique fameuse dans les années quatre-vingt, « qui est passée durant deux ans sur les ondes de RMC », pour une marque de montres japonaises et qu’il avait composée « avec, en rythmique, le bruit de fond d’un réveille-matin », signale-t-il encore amusé aujourd’hui.  Toujours cet enchevêtrement d’image et de musique.

Durant les années de guerre, Marc Nader va s’envoler pour Paris, puis les États-Unis, où il établira son studio photo durant une dizaine d’années avant que l’appel du pays ne le ramène en 1996.

Là, le département d’architecture de l’AUB lui offre un poste de professeur de photographie, ce qui lui laisse le loisir de faire son « propre travail artistique » en parallèle. Depuis, alternant entre l’enseignement et la création, Marc Nader est un homme heureux.

Heureux d’enseigner : « J’adore cette interaction avec mes étudiants qui m’apportent en fraîcheur autant sinon plus que ce que je leur donne moi-même », assure-t-il avec enthousiasme et modestie.

Heureux de « capter à travers la caméra l’indéfinissable », ce défi du regard instantané porté sur les objets, les lieux, les paysages et surtout les visages, dont il essaye de saisir l’âme.

Heureux d’enregistrer « pour le plaisir », avec la complicité de son ami Claude Salhani (qui en a signé les paroles), un CD de sa composition, In The Confines of your Head (un mélange de soft rock, un peu dans la veine de Léonard Cohen ou des Dire Straits), dont la sortie a malheureusement coïncidé avec l’assassinat de Rafic Hariri, il y a deux ans, mais que l’on peut se procurer sur Internet*.

Et très heureux de préparer – après avoir participé, dans la section photographie, au dernier Salon d’automne du musée Sursock – une exposition à Dubaï, qui regroupe également des œuvres de Pete Turner, « le maître incontesté de la photo en couleurs », fait remarquer fièrement celui qu’on pourrait qualifier également de virtuose de la « photo musicale ». Celle qui allie composition, rythme et orchestration des couleurs.

 

Les photographies de Nader racontent des histoires

© AUB Bulletin Today - Dina Abou Salem Dean | Avril 2006

< Symétrie unique, richesse et mystère charactérisent les photographies de Marc Nader exposées au West Hall du 20 au 31 Mars. Son travail nous conte en fait des histoires qui auraient probablement sombré dans l'oulbli, n'était-ce l'acuité et la sensibilité de son oeil de photographe.

Marc Nader qui enseigne à temps partiel au Département d'Architecture et de Design a commencé à s'intéresser à la photo en 1963. Dans les années 70, et à l'obtention de son diplôme de l'Ecole Supérieure de Commerce of Paris, il a développé son intérêt pour la photographie au point d'en faire une carrière. Ces images de toits parisiens, de paysages, de portraits de femmes et d'art contemporain disent beaucoup sur Nader. Ses photos sont pour lui "un moyen d'expression".

Les 84 photos exposées avaient pour but de "laisser libre cours à l'imagination du spectateur pour ce qui est du lieu ou de la personne représentés" affirme Nader. "Je n'ai pas agencé la collection  de façon  chronologique ou thématique, car chaque image est une oeuvre indépendante qui capte un moment précis et représente une certaine époque de ma vie".

Le Professeur Marwan Sabban, Directeur du Département de Photographie, a présenté Marc Nader comme un des rares photographes d'art "qui ont affiné leur art au point d'élever le niveau de la photographie à une nouvelle dimension". L'exposition Nader est la seconde d'une série d'expositions photo organisées par l'AUB.

 

Le Panorama Photographique de Marc Nader

 © L'Orient-Le Jour - Maya Ghandour Hert | Mars 2006

Marc Nader avait douze ans lorsqu’il a pris sa première photo. Elle représentait une course de régates. Voyant l’épreuve en couleurs, frappé par le contraste entre le temps brumeux et les voiles chamarrées, il s’est exclamé: «Q’est-ce que ça peut être beau, une photo prise à partir d’une boîte en plastique!» Entre ce premier déclic et le dernier «clic!», une vue de Bécharré enneigée, quarante ans d’écart. Et, toujours, une même recherche esthétique perfectionniste. Tout un parcours photographique, auquel l’Université américaine de Beyrouth rend hommage aujourd’hui à travers une rétrospective des œuvres de l’artiste. Au West Hall, jusqu’au 31 mars.

«Péniblement!» C’est ainsi que s’est fait le choix des œuvres exposées. «Il y avait beaucoup de photos que j’avais envie d’inclure dans cette exposition. Mais de nombreuses épreuves ont été perdues durant les événements.»

Il a dû donc effectuer sa sélection, un peu au pif, un peu en suivant ses affinités. «Ces photos représentent ma façon de voir les choses. La photographie n’est-elle pas après tout une manière d’exprimer artistiquement des données qui sont à la portée de tout le monde?» s’interroge l’artiste. Il pense en effet que photographier, c’est avoir affaire aux apparences, aux objets, aux lumières, aux matières. «Les objets environnants m’ont toujours préoccupé. Et les images appartiennent au monde des objets... Les images captent des choses qui ont envie d’être vues. Je capte la séduction propre aux objets. Et parce que les objets vous captent, vous les captez par le regard.» Une sorte d’échange, de complicité, se produit...

Accrochées sans ordre chronologique particulier, les photographies de Marc Nader allient à la fois esthétique et technique. Du port de Beyrouth aux quais de San Francisco, de la vallée de Douma aux toits de Paris, «chacune suit son propre cours de création. S’il existe un contraste entre une œuvre et sa voisine, il est totalement fortuit. Elles représentent une optique des choses dans le temps». Le voyeur, lui, ne manque pas de déceler une certaine évolution au niveau technique. «Ma façon de voir les choses n’a pas changé, indique Nader. Mais les photographies récentes reflètent forcément une certaine maturité.»

Le photographe ne nie pas sa recherche de l’esthétique, «des choses belles», comme il aime les nommer. Il affectionne les contrastes, les jeux d’ombre et de lumière, la superposition des lignes géométriques et des tracés flous.

Il emploie souvent des cadrages très rapprochés, en très gros plan, jouant de l’éclairage pour estomper les détails et obtenir des effets de clair obscur.

Il y a également là plusieurs portraits de femmes, sous un objectif qui se veut à la fois tendre, esthétique et puissant. Où la grâce féminine est mise au service d’un thème, d’un sentiment, d’une idée. «J’aspire à capter toute la beauté qui apparaît devant moi», affirme-t-il.

Mais en matière de photographie, les yeux sont plus parlants que les mots, aussi vous laisse-t-on le soin de découvrir par vous-mêmes le travail de ce photographe.

 

 

Images Musicales et Musiques Photographiques !

 © Mondanité - Carine Nicolas | Juin 2005

Après avoir travaillé dans le domaine de la publicité durant plusieurs années, au Liban puis aux Etats-Unis, Marc Nader décide aujourd’hui de faire ces propres « trucs » comme il dit, la photo en amateur et la musique… Il enseigne à l’université américaine, une expérience enrichissante où Marc apprend de ses élèves autant qu’ils apprennent de lui. Indissociables, la musique et la photographie sont pour Marc Nader des moteurs d’émotions…. Une  recherche de l’esthétisme et une maturité artistique que vous retrouverez non seulement dans son nouveau CD mais également dans ces photos …

 «In the confines of your head» est-il votre premier CD?

Oui. Avant, tout ce que je faisais, c'était sur commande, surtout des musiques publicitaires… Ce CD je ne l’ai d’ailleurs fait que pour m’amuser, m’exprimer. J’ai souvent composé pour des amis musiciens ou chanteurs, aux Etats-Unis ou en France, j’ai toujours fait de la musique.

D’où vous vient cet amour de la musique et de la photo? Avez-vous fait des études dans ce sens?

Je me suis souvent penché sur la question. J’ai grandi dans une ambiance propice: ma mère était peintre et pianiste et cela a probablement laissé des traces. J’ai pris des cours de base, il est vrai, de piano, puis la maîtrise de la guitare et du keyboard est venue seule. Je me suis en quelque sorte auto-enseigné. Les études que j’ai suivies n’ont rien à voir avec l’art: j’ai fais l’ESCP… mais passionné de photo, j’ai décidé d’en faire ma profession.

A quel genre de musique appartient votre CD?

Je n’arrive jamais à répondre spontanément à cette question. Je n’aime pas le catalogage. C’est un genre de soft pop rock, il y a des chansons rythmées et d’autres plus calmes. Ce n’est pas le genre de musique que vous écouterez 24h/24 à la radio. Elle est relaxante, elle demande une certaine maturité pour être vraiment appréciée…

 Claude Salhani a écrit les paroles de vos chansons, quelle part avez-vous eu sur les thèmes de ces chansons?

J’ai toujours eu du mal à traduire mes émotions par des mots écrits , je parle beaucoup mais lorsqu’il s’agit d’exprimer clairement une idée je le fais mieux en photos et en rythmes! C’est pourquoi Claude Salhani s’est occupé des paroles pour moi. Mais c’est tout un processus… l’idée de chaque chanson vient de la mélodie, j’écoute, je fredonne, je m’imprègne, cela crée des images en moi, je les parcours, et l’image qui revient le plus souvent est l’image du thème de la chanson. Je donne donc à Claude une « image », parfois très diffuse, et une mélodie sur laquelle il crée un texte. Par exemple pour le track «In the Smoked Filled Room»: je voyais une boite de nuit prête à se vider, les chaises déjà sur les tables, encore enfumée, un croisement de regards, une femme … le tableau quoi. Vous savez, en photo c’est la même chose, une musique peut aussi m’inspirer une image, c’est un entrelacement …

 Pourquoi l’anglais?

Si nous avons choisi l’anglais c’est parce que Claude est anglophone en premier lieu. Et ensuite je trouve que la langue anglaise est plus musicale, le mot anglais est plus maléable, plus fluide que le mot français. Il n’y a pas d’arrêt net en anglais comme en français. Par contre je n’exclu pas du tout un CD en français, mais ça sera pour plus tard.

Vous avez un producteur?

J’ai entièrement produit le CD. Cependant la distribution pour le Moyen Orient c’est Music Master qui s’en occupe. Music Master distribue des musiques occidentales importées, mais pas celles produites localement … Donc avec moi ils se lancent en quelque sorte. Comme moi!

Et pour un éventuel livre de photos, vous produirez vous-même également?

Si je fais un livre de mes photos il faudra que je trouve un éditeur, l’avis de recherche est lancé ... Je veux faire quelque chose de vraiment parfait avec du beau papier, une belle mise en page et une belle impression. Ce serait une rétrospective de mon travail personnel sur près de 40 ans.

Quels sont vos thèmes de prédilection, vos critères de création?

Je ne suis pas vraiment très « thèmes ». La photo pour moi c’est l’émotion, il faut que je voie quelque chose qui me touche, me plaise. Les critères: le jeu subtil de la lumière et des ombres, l’harmonie des couleurs, des lignes et des formes. J’aime construire mes photos, parfois en quelques secondes parfois plus, j’enregistre ce que je vois, en appliquant fidèlement et instinctivement mes critères esthétiques d’équilibre et de simplicité… J’aime ce qui est épuré!

 Quelle marge donnez-vous à l’improvisation?

La plus grande partie de mes photos, à part les set-up en studio, sont improvisées, en ce sens que le sujet se présente à moi, tel quel, sans prévenir, je le regarde, je l’enregistre. Vous savez, on voit beaucoup de chose sur un angle de 180 degrés, mon attention va sur les détails qui me font vibrer, des gens, des objets, des scènes. Les détails peuvent faire 4km comme 2 cm, ce qui n’est rien sur un angle de 180 degrés. J’essaye d’enregistrer mon sujet de la façon la plus efficace et la plus simple, de traduire une impression, une émotion, de la communiquer en faisant abstraction de tout ce qui pourrait l’altérer.

 Vous faites vous-même vos tirages?

Actuellement, il m’arrive très rarement de faire de la chambre noire, je travaille surtout en numérique, c’est plus rapide, plus relax, plus « propre », mais un peu froid à mon goût. C’est vrai que l’analogique a un meilleur rendu, plus subtil, plus chaud, presque tactile. Et puis le grain d’un film, c’est pas forcément moche... Je combine souvent film et numérique. C’est comme le vynil et le numérique en musique, c’est incomparable. Cependant je donne à la photo numérique 3 ou 4 ans pour atteindre la qualité et surtout l’accessibilité de l’analogique….

 Lorsque vous passez devant une scène qui attire votre attention et que vous n’avez pas votre caméra…

Je ne me promène pas toujours avec ma camera et souvent j’ai des pincements. Mais vous savez, être photographe ce n’est pas seulement prendre une photo, c’est d’abord savoir regarder et voir, puis s’imprégner de toutes les scènes de la vie et des émotions qu’elles provoquent … Mais il est vrai que quelques fois il y a une frustration devant l’incapacité de photographier certaines choses…

 La peinture est-elle une source d’inspiration?

La belle peinture est la plus belle source d’inspiration, Rembrandt est une superbe école de lumière… Je m’inspire inconsciemment peut-être des grands peintres, mais mon moteur de création c’est surtout ce que je vois …

 

                             

                       

 

Le Catalogue du Festival de Beiteddine

 © L’orient-Le Jour - Natacha Sikias | Juillet 1997

 Cette année, le «programme» du festival de Beiteddine affiche un nouveau look, harmonieux. Les pages publicitaires conventionnelles sont remplacées par des photos d’art, accompagnées du nom du sponsor. Une soixantaine de vues, la plupart signées Marc Nader, et quelques-unes par Saadi el-Hakim. Des images qui marient des instruments de musique à l’architecture du palais. L’initiative revient à Leila Musfy, «graphic designer» du catalogue.

«Enthousiasmé par l’entière liberté qu’on me laissait, j’ai immédiatement été partie prenante», dit Marc Nader, rentré des Etats-Unis depuis un an.

«Il s’agissait au départ de photographier des instruments. J’ai proposé le palais, comme cadre, pour être ainsi au cœur même du «sujet». Prenant au hasard un instrument, j’ai alors tenté de provoquer une interaction entre le graphisme architectural intrinsèque, riche et détaillé, de Beiteddine et le graphisme fonctionnel de l’instrument. Il en est résulté un troisième élément, qui m’a donné le frisson: la musique visuelle».

 Marc Nader souligne le plaisir que lui a procuré cette mission: « Je me sentais comme novice. J’ai travaillé durant trois mois, sans me presser. J’ai fait de nombreuses séances au palais où j’ai accédé à tous les recoins».

Pour les instruments, Nader utilise ceux de sa propre collection et en emprunte un grand nombre, d’amis ou des établissements Mozart Chahine. «J’ai ainsi découvert des instruments «amusants», intéressants, comme le kokiriko, d’origine latino-américaine, qui sert à imiter les bruits de la nature; une flûte de Pan antique ou une autre, Inca...».

Côté technique, «ma devise était: «faire» le plus simple possible», indique Nader. «J’ai choisi un appareil simple, avec un objectif unique, et un trépied. Ni éclairage d’appoint, ni réflecteur, ni déflecteur; rien que la lumière naturelle. Je pense, ajoute-t-il, qu’il est inutile de recourir à des acrobaties techniques pour réussir une photo».

 Le résultat est là, étalé sur 52 pages. Netteté, jeu de formes ou de couleurs... le cadre au service de l’instrument, le mettant en relief, ou le contraire. Des images d’une pureté quasi palpable, comme le «granulé» de ce tambourin «oriental», placé devant un vitrail, pris à contre-jour...

 «Je voudrais qu’on reconnaisse la photographie comme un art à part entière. Le noir et blanc comme la couleur», dit-il. «On peut faire des merveilles avec peu de choses. Depuis mon retour, je suis scandalisé par la dose de plagiat qui existe dans le domaine de la publicité, par exemple. Il suffit de regarder autour de soi pour trouver des idées, créer, inventer».

Encore faut-il avoir l’œil, et le bon... et le don.

 

Marc Nader - La Musique au Palais

 www.photographie.com - Hervé Le Goff | Juillet 1997

 

Le travail sur les instruments de musique est en réalité une commande du Festival de Beiteddine 97, sur la collection conservée au palais. Pour s'échapper des mornes contraintes du catalogue, Marc Nader a eu l'idée d'associer les instruments à l'architecture de leur princière demeure. Cela donne ces images étonnantes et précieuses où les marbres, les bois et les cuivres se marient dans le même raffinement, sous le signe tutélaire de l'art.

 

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Marc Nader Fine Art Photography | PO Box 11-410 | Beirut 11072040 -Lebanon